Budget 2026 : Bienvenue au Grand Cirque Parlementaire Français
Ou comment transformer un débat budgétaire en vaudeville fiscal à suspense
Par Maître Thomas CARBONNIER, Avocat fiscaliste et Président de l'UNPI 95
Chers propriétaires, bailleurs, investisseurs et contribuables français, installez-vous confortablement. Ce que vous allez lire oscille entre le thriller politique et la série B parlementaire, avec un soupçon de tragédie grecque et beaucoup d'absurde kafkaïen.
Nous sommes le 22 novembre 2025. Cette nuit, l'Assemblée nationale a rejeté à la quasi-unanimité (404 voix contre, 1 voix pour - oui, UN député a voté pour !) la partie "recettes" du projet de loi de finances 2026. C'est historique. C'est spectaculaire. C'est surtout révélateur de l'état catastrophique de notre démocratie parlementaire.
404 voix CONTRE. Une seule voix POUR. 84 abstentions.
Pour vous donner une idée du consensus : même en votant sur "faut-il respirer pour vivre ?", vous n'auriez pas un tel accord transpartisan !
Qui a voté contre ? Tout le monde ou presque :
Le seul député qui a voté POUR ? On ne connaît pas son identité, mais il mérite une médaille du courage politique. Ou un bilan psychiatrique complet.
Depuis le 24 octobre, les députés ont examiné 3 987 amendements. Oui, vous avez bien lu : TROIS MILLE NEUF CENT QUATRE-VINGT-SEPT. Plus de 125 heures de débat. "Le plus long débat budgétaire que la Vème République ait connu", selon Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics.
Résultat ? Tous ces amendements adoptés ? POUBELLE. Le texte rejeté retourne au Sénat dans sa version initiale, celle du gouvernement, comme si rien ne s'était passé.
C'est comme si vous passiez deux mois à rénover votre appartement, peinture, papier peint, parquet, électricité... et qu'au moment de l'inauguration, on vous disait : "Finalement, on remet tout comme avant. Merci d'avoir essayé."
Mercredi 26 novembre : Le Sénat commence l'examen du PLF 2026 dans sa version initiale.
15 décembre : Vote solennel prévu au Sénat. La majorité sénatoriale de droite a déjà annoncé vouloir "nettoyer" le texte des "hausses d'impôts introduites par les députés". Autrement dit : repartir de zéro (ou presque).
Mi-décembre : Commission Mixte Paritaire (7 députés + 7 sénateurs). Mission : trouver un compromis. Probabilité de succès ? Celle de voir Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon faire un duo de karaoké.
23 décembre : DATE BUTOIR CONSTITUTIONNELLE. Passé ce délai, c'est fini. Plus de temps.
Que se passe-t-il si on arrive au 23 décembre sans accord ?
Option 1 : Loi spéciale (comme en décembre 2024). L'État peut continuer à percevoir les impôts existants et faire fonctionner les services publics. Mais pas de nouveau budget, pas de nouvelles mesures.
Option 2 : Ordonnances (article 47-1 de la Constitution). Le gouvernement fait passer le budget par décret. Démocratique ? Pas vraiment. Légal ? Oui. Souhaitable ? Non.
Le camp présidentiel : Divisé. Une partie vote contre, une partie s'abstient. Marc Fesneau (Les Démocrates) : "Ce texte finit par être un enfant sans parent. Ce n'est pas la somme du compromis, c'est la somme de toutes nos envies."
Le RN : Marine Le Pen exige "la démission du gouvernement et la dissolution". Jordan Bardella : "Nous voterons contre le budget quoi qu'il arrive."
La gauche : LFI vote contre systématiquement. Le PS négocie mais ne promet rien.
La droite LR : Laurent Wauquiez rejette le texte au vu de "toutes les horreurs fiscales".
Bref : personne n'aime ce budget, mais tout le monde veut qu'il passe.
C'est comme un mariage arrangé où les deux familles détestent les futurs mariés mais insistent pour que la cérémonie ait lieu.
Dans ce chaos parlementaire, certaines mesures ont quand même été adoptées en première lecture. Resteront-elles dans le texte final ? Mystère et boule de gomme.
29 juin 2025 : Rapport Daubresse-Cosson. On promet une révolution fiscale : amortissement de 5% sur 20 ans pour le neuf, micro-foncier à 50%, déficit foncier à 40 000€, exonération IFI pour les logements loués...
21 octobre 2025 : La commission des finances de l'Assemblée REJETTE le statut complet. Motif : chercher 40 milliards d'économies ET créer un nouveau cadeau fiscal, c'est contradictoire.
Ce qui a quand même été adopté :
Date d'application : 1er janvier 2026 (si le texte passe, évidemment).
Depuis janvier 2025 : Les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value à la revente. Traduction : ce que vous avez économisé fiscalement, on vous le redemande cash quand vous vendez.
À partir du 1er janvier 2026 :
Pourquoi c'est un problème ? Parce que ça détruit l'attractivité de l'investissement locatif, alors même qu'on manque de 1,2 million de logements en France.
Exit Tax : Retour du dispositif avec délai d'exonération porté à 15 ans. Vous voulez partir ? Bercy s'en souvient. Pendant 15 ans.
CSG sur les revenus du capital : Passage de 9,2% à 10,6%. Flat tax de 30% à 31,4%. Vos dividendes, plus-values ? Un peu plus taxés.
Taxe sur les holdings : Taux porté à 20% sur les biens "somptuaires" (yachts, avions, chasse). Si vous possédez un yacht via une holding, vendez-le.
Parce qu'au milieu de ce maelström fiscal, vous n'êtes pas seul.
L'Union Nationale des Propriétaires Immobiliers du Val-d'Oise (UNPI 95) est là pour vous accompagner, vous défendre et vous éviter de sombrer dans la dépression fiscale.
Nos missions :
Contactez-nous : UNPI 95 – Union Nationale des Propriétaires Immobiliers du Val-d'Oise ? Adresse : 1 rue du Général Leclerc, 95300 Pontoise ? Téléphone : 01 34 41 06 41 ? Email : contact@unpi95.fr ? Site web : www.unpi95.fr
Parce que dans la jungle fiscale, mieux vaut avoir un guide qu'une boussole cassée.
Parce que personne n'en veut réellement. Chaque camp politique a ajouté ses amendements préférés, créant un Frankenstein fiscal :
Résultat : un texte incohérent que PERSONNE ne peut assumer.
La majorité sénatoriale (droite et centre) a annoncé vouloir "nettoyer" le texte. Traduction : supprimer les hausses d'impôts, rééquilibrer, revenir à un budget "raisonnable".
Problème : L'Assemblée nationale rejettera probablement cette version. Retour à la case départ.
Oui, si :
Non, si :
Probabilité d'un budget adopté dans les temps : 30% (et je suis optimiste).
Pour les propriétaires bailleurs en location nue :
Pour les LMNP :
Pour les investisseurs :
Loi spéciale : On continue avec les règles de 2025. Aucune nouvelle mesure, aucune réforme.
Pour vous, concrètement :
Le PLF 2026, c'est un peu comme un film dont le scénario change tous les jours, où les acteurs improvisent leurs répliques, et où personne ne connaît la fin.
Une chose est sûre : la fiscalité immobilière française ne manque jamais d'imagination. Entre mesures contradictoires, promesses non tenues, amendements de dernière minute et revirements spectaculaires, on ne s'ennuie jamais.
Alors, chers propriétaires, restez vigilants :
Parce qu'en France, la seule certitude fiscale, c'est l'incertitude.
Rendez-vous fin décembre pour savoir si nous aurons un budget, une loi spéciale, ou un miracle de Noël parlementaire.
En attendant, joyeuses fêtes budgétaires !
Thomas CARBONNIER Avocat fiscaliste – Président UNPI 95 "Le droit fiscal français : où l'absurde rencontre la réalité depuis 1789"
Cet article reflète l'état du droit et des débats parlementaires au 22 novembre 2025. Toute ressemblance avec une législation stable et prévisible serait purement fortuite.