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Chambre Syndicale de la Propriété Immobilière

Propriétaire à 35 ans dans le Val-d'Oise : vous avez tout fait bien. Le système, lui, n'en a rien à faire

Propriétaire à 35 ans dans le Val-d'Oise : vous avez tout fait bien. Le système, lui, n'en a rien à faire.
Ce n'est pas une génération qui vous a volé votre appart. C'est un empilement kafkaïen de décisions raisonnables qui produit un résultat scandaleux. Kafka, lui, aurait trouvé ça too much.

Ce qui me frappe depuis quinze ans, c'est toujours le même profil qui pousse ma porte : quelqu'un de sérieux, de prévoyant, qui a joué selon les règles. Et à qui les règles n'ont rien rendu.

Vingt-cinq ans que j'observe ce marché sous toutes ses coutures fiscales, juridiques et réglementaires. Et cette constante ne change pas. Elle s'aggrave.

Alors permettez-moi d'être direct. Vous n'avez pas raté votre vie. C'est le système qui rate la vôtre. Et il le fait avec une bonne conscience remarquable.

La première phrase que personne ne vous dit en face

Dans le Val-d'Oise, les prix varient du simple au double selon où vous regardez. Un appartement de 70 m² : 140 000 euros à Sarcelles, 211 000 euros à Cergy, 260 000 euros à Argenteuil, 356 000 euros à Enghien-les-Bains. Une maison familiale dans les secteurs prisés du sud du département ? Comptez facilement 500 000 à 600 000 euros à Enghien ou Montmorency.

Le point commun de toutes ces villes ? Pour acheter, vous avez besoin le jour de la signature d'un apport plus des frais de notaire représentant 35 à 40% du prix total. Cash. Disponibles. Prouvables. Avant la première mensualité.

Pour l'appartement à Cergy : environ 75 000 euros cash. Pour celui d'Enghien : 130 000 euros. C'est le prix d'une Porsche d'occasion. Sauf que la Porsche, au moins, elle est dans votre garage.

Et là, immanquablement, quelqu'un dans la pièce va dire : "Oui mais les taux étaient à 12% dans les années 80, ça compensait." Non. Ça ne compense pas. Faisons le calcul ensemble, puisqu'apparemment il faut le faire.

Un appartement dans le 95 dans les années 80 : 60 000 euros. Emprunt de 54 000 euros à 12% sur 15 ans. Mensualité : 648 euros. Coût total du crédit : 62 000 euros.

Le même appartement aujourd'hui à Cergy : 211 000 euros. Emprunt de 148 000 euros à 3,5% sur 25 ans. Mensualité : 740 euros. Coût total du crédit : 74 000 euros.

La mensualité a augmenté de 14%. Le prix du bien a été multiplié par trois et demi. Et l'apport à sortir cash est passé de 6 000 à 63 000 euros.

Et là, le même quelqu'un va ajouter : "Oui mais les salaires ont augmenté depuis les années 80, ça compense." Partiellement. Pas suffisamment. Faisons ce calcul aussi.

Sur cinquante ans, les salaires réels ont effectivement progressé. Personne ne le nie. Entre 1970 et 2025, le salaire moyen réel par ménage a augmenté de plus de 50%. Cinquante pour cent. C'est réel. C'est documenté. C'est insuffisant. Car dans ce même temps, les prix des logements anciens ont été multipliés par 2,3 en métropole et par 2,6 en Île-de-France, soit une hausse de 130% à 160%, contre seulement 30 à 40% pour le revenu disponible par ménage.

Les salaires ont progressé de 50%. Les prix ont progressé de 130% à 160%. Le compte n'y est pas. Il n'y est pas du tout. Ce n'est pas un sentiment. C'est de la statistique publique, disponible sur le site de l'INSEE et de l'IGEDD, accessible à tous, y compris à ceux qui vous diront le contraire au prochain dîner.

L'empilement. C'est ça, le vrai sujet.

Chaque obstacle pris isolément se défend. C'est leur accumulation qui tue. Je vais vous les passer en revue avec la méticulosité d'un avocat fiscaliste qui connaît chaque couche du millefeuille et qui n'a plus l'âge de faire semblant que le millefeuille est appétissant.

Couche n°1 : le prix. Les prix dans le 95 ont été multipliés par trois à quatre en valeur réelle depuis les années 90. Les salaires n'ont pas suivi. Ce n'est la faute de personne en particulier. Mais c'est votre problème en particulier. La vie est mal faite et l'immobilier, encore plus.

Couche n°2 : le HCSF. Le 3 mars 2026, le Haut Conseil de Stabilité Financière se réunissait pour examiner les conditions d'octroi de crédit. La règle des 35% d'endettement maximum reste inchangée. Aucun assouplissement. La montagne a accouché d'un communiqué de presse. Vous pouvez consacrer 45% de vos revenus à un loyer qui enrichit quelqu'un d'autre. Vous ne pouvez pas consacrer 38% au remboursement d'un bien qui vous appartiendrait. Je cherche la logique depuis 25 ans. Je commence à penser qu'elle n'existe pas.

Couche n°3 : les droits de mutation. Pudiquement appelés "frais de notaire" par les gens qui veulent vous faire croire que c'est le notaire qui empoche. Spoiler : il n'empoche qu'une fraction. Le reste file aux collectivités territoriales. 7 à 8% du prix d'achat, cash, le jour de la signature. Sur l'appartement à Cergy : 15 000 euros supplémentaires. Sur celui d'Enghien : 25 000 euros. Sans contrepartie directe. Sans négociation possible. Sans même un mot de remerciement, c'est la moindre des choses reconnaissons-le.

Couche n°4 : la taxe foncière. En hausse de 26% en trois ans. Conséquence mécanique de la suppression de la taxe d'habitation, présentée en grande pompe comme un cadeau aux ménages. C'en était un. Financé par les propriétaires. Merci à eux, et par extension, merci à vous.

Couche n°5 : le DPE. Si votre bien affiche un mauvais diagnostic énergétique, vous voici propriétaire d'un actif interdit à la location, en cours de dépréciation, dont la rénovation coûte entre 20 000 et 80 000 euros. L'algorithme qui a calculé votre DPE ne rembourse pas les travaux. C'est dommage. On le lui a signalé. Il n'a pas répondu.

Cinq couches. Cinq décisions défendables individuellement. Un résultat collectivement absurde. Kafka aurait rendu sa copie en disant que c'est trop.

Ce que l'État ne vous dira jamais mais que je peux vous dire

Il existe des leviers. Légaux. Précis. Efficaces. Ils ne font l'objet d'aucune campagne gouvernementale, d'aucune pub à la télé, d'aucune brochure dans votre boîte aux lettres. Normal : ils fonctionnent.

Démembrement de propriété. SCI familiale. Optimisation de la structure d'acquisition. Anticipation successorale. Défiscalisation ciblée. Ce ne sont pas des fraudes. Ce sont des outils pensés par le législateur, utilisés quotidiennement par ceux qui ont les bons conseils.

La différence entre celui qui subit le système et celui qui le navigue intelligemment, ce n'est pas le niveau de revenus. C'est l'accès à l'information. Et cet accès, jusqu'ici, ressemblait furieusement à un privilège de classe.

C'est exactement pour corriger ça que l'UNPI 95 existe.

L'UNPI 95 : votre droit de savoir enfin exercé

L'Union Nationale de la Propriété Immobilière du Val-d'Oise n'est pas un club de propriétaires satisfaits qui commentent la météo autour d'un café. C'est une organisation de défense active. Pour ceux qui veulent acheter. Pour ceux qui ont déjà acheté. Pour les bailleurs épuisés par l'accumulation réglementaire et qui se demandent à quel moment exactement ils sont devenus les méchants de l'histoire.

Concrètement : consultations juridiques et fiscales avec des professionnels, dont votre serviteur. Veille réglementaire permanente sur tout ce qui impacte le marché du Val-d'Oise. Réseau d'experts locaux. Et la force de 2 347 propriétaires du Val-d'Oise qui pèsent dans les débats locaux et nationaux, y compris face au HCSF, qui lui continue de délibérer sereinement.

Chambre Syndicale de la Propriété Immobilière du Val-d'Oise
UNPI 95
unpi95sarcelles@unpi.fr
09 73 51 14 60
95sarcelles.unpi.org

Pour finir, et c'est la seule chose que je vous demande de retenir

Vos parents n'avaient pas besoin d'un avocat fiscaliste pour acheter leur pavillon. Pas parce que c'était plus simple. Parce que les couches n'étaient pas encore toutes là. Toutes en même temps. Toutes sur vous.

Vous n'avez pas raté votre vie.

Apprenez juste à vous défendre dans celle qu'on vous a construite, avec en prime la facture de la construction.

Maître Thomas Carbonnier, Avocat fiscaliste, Président de l'UNPI 95

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